Droit au savoir

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Les troubles cognitifs spécifiques

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Description.

Introduits par la loi de 2005, ils regroupent plusieurs réalités. Les fonctions cognitives définissent les processus cérébraux par lesquels les êtres humains traitent l’information, la comprennent et la transmettent. Les troubles cognitifs peuvent être congénitaux ou survenir dans l’enfance ou à l’âge adulte. Certaines personnes peuvent-être amenées à cumuler plusieurs troubles. Tous sont plus ou moins liés, mais certains découlent d'autres. Par exemple la dysorthographie est généralement une conséquence de la dyslexie.

Parmi les troubles cognitifs spécifiques présents dès l’enfance, on retrouve la dyslexie, la dysorthographie, la dyspraxie, la dysgraphie, la dyscalculie, la dysphasie, les troubles attentionnels avec ou sans hyperactivité, les troubles exécutifs, les troubles mnésiques, les troubles du spectre autistique.

Les « troubles Dys ».

Ce sont des troubles spécifiques du langage et des apprentissages. Le diagnostic se fait par exclusion. Il s’agit de déficiences d’une ou plusieurs fonctions cognitives sans déficience intellectuelle, sans déficit d’acuité visuelle ou auditive non corrigée, sans autres troubles mentaux ou neurologiques, sans désavantages psychosociaux, sans maîtrise insuffisante de la langue de scolarisation, ou d’enseignement inadéquat.  Ils perdurent tout au long de la vie et constituent une situation de handicap chez les jeunes pour leur accès à l’éducation et à la vie sociale. Les troubles dys regroupent la dyslexie, la dyspraxie, la dysphasie ainsi que des manifestations induites : la dyscalculie, la dysgraphie ou la dysorthographie. Les troubles de l’attention font également partie de cet ensemble.

Dyslexie – dysorthographie.

Trouble spécifique de l’acquisition du langage écrit et donc des apprentissages de la lecture et de l’orthographe. La dyslexie est un déficit de la conscience phonologique qui se manifeste par une difficulté à manipuler les sons qui composent les mots. De fait, les mécanismes fondamentaux du langage écrit sont atteints dans leur structure même, souvent à la fois dans le versant compréhension et dans le versant expression (difficulté à lire, à décoder un texte, à orthographier mais aussi à acquérir du vocabulaire, à utiliser le langage et à structurer ses idées), notamment dans l’apprentissage des langues étrangères. L’accès à la langue maternelle écrite est perturbé, ainsi l’apprentissage des langues étrangères est d’autant plus difficile et l’enseignement doit impérativement tenir compte de l’instabilité du code orthographique dans la langue concernée. Il est indispensable d’enseigner exclusivement l’oral avant de passer à l’écrit, ceci sur une période allongée par rapport aux pratiques habituelles. Les difficultés accompagnant la dyslexie peuvent être la mémorisation (sauf pour les images), la lenteur et la fatigabilité, l’orientation dans le temps et l’espace.

La dysorthographie entraîne des nombreuses « fautes » d’orthographe dans les productions écrites qui peuvent gêner la compréhension mais aussi l’organisation de la production d’un écrit. En effet, l’écriture n’étant pas automatisée, elle requiert une attention soutenue et place l’étudiant en situation de double tâche, au détriment de l’expression et de l’organisation de sa pensée.

Besoins des étudiants.

Les étudiants dyslexiques ont besoin d’être aidés dans l’organisation de leurs travaux, dans l’accès aux contenus pédagogiques, dans la prise en compte de leur fatigabilité et de leur lenteur. Ils ont besoin de temps pour assimiler le contenu. Ils ont besoin d’oraliser la lecture et la prise de notes, d’un espace calme, de polices d’écriture spécifiques (permettant de ne pas confondre les lettres : Comics sans ms, Arial). Enfin, le soutien pédagogique est important et l’apprentissage des langues étrangères pose des difficultés surtout à l’écrit.

Réponses possibles (liste non exhaustive).

Aménagements des cours : cours remis au format électronique (sur clé USB), support visuel pour mieux assimiler et maintenir l’attention, surlignage, utilisation de photocopies aérées et non manuscrites, polices spécifiques, transmission des cours à l’avance

Aides techniques : logiciels spécifiques (correcteurs orthographiques en français et en langues étrangères, dictée vocale, lecteur par synthèse vocale…), utilisation d’un ordinateur pour revenir sur les notes prises

Accompagnements : possibilité de transmettre ses notes de cours à l’enseignant pour une « correction/validation », preneur de notes, secrétariat (relecture et correction des écrits)

Aménagements et adaptations des examens : reformulation des consignes (vérifier la compréhension), deux voies ou trois sont parfois nécessaires (oral, écrit, ou geste), temps majoré lors des examens et pause entre les épreuves (1h), identique à celle des autres candidats

Dysphasie.

Trouble structurel, inné et durable de l'apprentissage et du développement du langage oral. La dysphasie peut être plus ou moins sévère et se présenter sous des formes diverses : paroles indistinctes, troubles de la syntaxe, expressions par mots isolés, discours plus ou moins construit, manque de mot, compréhension partielle du langage oral...

Les conséquences de la dysphasie portent soit sur la réception (c’est-à-dire la compréhension du langage), soit sur la production (c’est-à-dire la programmation des sons). Ces deux domaines du langage peuvent être déficitaires ou préservés indépendamment l’un de l’autre. Le langage écrit est souvent d'acquisition problématique. De fait, les troubles ont un retentissement constant sur les apprentissages, puisque le langage est l'outil privilégié de la transmission du savoir. Ces jeunes parlent mal, par parlent tard, ont durablement des difficultés d'expression orale. Fréquemment, les difficultés langagières s'accompagnent d'un retard psychomoteur et/ou graphique. Ils organisent un langage qui peut suffire dans la vie quotidienne mais gardent le plus souvent des difficultés à l’âge adulte.

Besoins des étudiants.

Les étudiants dysphasiques ont besoin d’être aidés dans l’organisation de leurs travaux, dans l’accès aux contenus pédagogiques, dans la prise en compte de leur fatigabilité et de leur lenteur. Ils ont des difficultés lors de consignes orales et multiples ou d’énoncés compliqués. Il est nécessaire pour eux de se faire répéter, voire reformuler les consignes. L’apprentissage des langues étrangères pose des difficultés.

Réponses possibles (liste non exhaustive).

Aménagements des cours : apprentissage par reproduction, support visuel pour mieux assimiler, transmission du cours à l’étudiant pour qu’il puisse le préparer, utilisation de photocopies aérées et non manuscrites

Accompagnements : aide en cas d’imprévu (manque de réactivité face au changement), preneur de notes, secrétariat (relecture et correction des écrits), tutorat

Aménagements et adaptations des examens : reformulation des consignes (préférer les consignes simples, une seule à la fois pour pallier la difficulté des consignes multiples ; deux voies ou trois sont parfois nécessaires : oral, écrit ou geste), temps majoré lors des examens et pause entre les cours

Dyspraxie.

Trouble de l’organisation du geste ou des fonctions visuo-spatiales (voir aussi page 32). Les personnes dyspraxiques ne peuvent pas coordonner et planifier correctement des gestes volontaires. Elles n’acquièrent que difficilement ces automatismes, c’est comme si elles devaient les réapprendre sans cesse. Ecrire, par exemple (puisque la tâche n’est pas

automatisée) induit un effort exorbitant et pourtant insoupçonné, qui ne permet pas de dégager suffisamment de ressources intellectuelles pour les autres aspects du langage écrit : concevoir, prêter attention au sens et à l’orthographe, synthétiser, organiser et développer.

Il existe différents types de praxies correspondant à différentes tâches (nager, conduire, s’habiller, parler, faire des constructions, imiter des gestes….). La dysgraphie, la dyscalculie peuvent être une conséquence de la dyspraxie.

Difficultés accompagnant la dyspraxie : fatigabilité (surcharge cognitive), problèmes de concentration et d’attention, lenteur et maladresse dans la réalisation, possibilité de troubles neurovisuels, de désorientation temporelle et spatiale, problèmes d’adaptation à la nouveauté, au changement.

Besoins des étudiants.

Les étudiants dyspraxiques ont besoin d’être aidés dans l’organisation de leurs travaux, dans l’accès aux contenus pédagogiques, dans la prise en compte de leur fatigabilité et de leur lenteur. L’utilisation de la mémoire peut être performante, à condition de soulager la mémoire de travail. Les étudiants peuvent rencontrer des difficultés pour se repérer dans l’espace lors de leurs déplacements.

Réponses possibles (liste non exhaustive).

Aménagements des cours : simplification des énoncés, temps supplémentaire entre les cours, utilisation de dessins, photos et pictogrammes, utilisation d’un emploi du temps pour visualiser les activités à venir, utilisation de photocopies aérées et non manuscrites, utilisation de supports afin de soulager la mémoire de description orale des tâches

Aides techniques : utilisation d’outils informatiques, utilisation de plans inclinés pour écrire ou lire

Accompagnements : aide à l’organisation du travail, preneur de notes, tutorat

Aménagements et adaptations des examens : temps majoré pour les examens et pause entre les épreuves (1h), identique à celle des autres candidats, utilisation d’un ordinateur et des logiciels nécessaires

Aménagement de l’environnement : aide au repérage lors des déplacements, repères au sol

Autisme et troubles envahissants du développement.

Description.

L’autisme et les troubles apparentés forment un ensemble de syndromes regroupés sous le terme de « Troubles Envahissants du Développement » (TED). Ces troubles sévères du développement se caractérisent par des troubles de la communication, de la socialisation et par un répertoire d’intérêts restreints. Ces anomalies de fonctionnement du « cerveau social » peuvent expliquer l’isolement de ces personnes, leurs particularités de langage et leur incapacité à s’adapter aux changements de l’environnement. Ces traits communs sont partagés par des personnes très différentes. La variabilité de l’expression clinique résulte non seulement du degré d’autisme qui diffère d’une personne à l’autre mais aussi de l’association des TED à d’autres troubles (retard mental, troubles moteurs, sensoriels et perceptifs, épilepsie…).

Les principales perturbations des personnes atteintes d’autisme de « haut niveau » (sans déficience intellectuelle associée) ou du syndrome d’Asperger concernent la vie sociale, la compréhension et la communication. La personne ne parvient pas à décoder les messages qui lui arrivent (elle paraît submergée par la « cacophonie » de l’environnement) ni à adresser clairement ses propres messages à ceux qui l’entourent. Elle est dispersée dans l’espace, déphasée dans le temps, dépassée par les échanges, et sa communication maladroite et hésitante se perd le plus souvent dans des tentatives avortées. Pour être moins dis dispersée, elle se concentre sur les détails ; pour être moins déphasée, elle se complaît dans les routines ; ses échecs de communication avec les autres l’amène à une concentration exclusive sur elle-même, sans pour autant la satisfaire.

Besoins des étudiants.

Être rassurés, informés calmement de ce qui les attend, être préparés lorsqu’il y a un changement dans leurs routines.

Avoir un environnement calme et sécurisant : éviter les stimuli visuels ou sonores trop intenses ou trop nombreux.

Recevoir des consignes claires, éviter l’ironie, les métaphores, le langage figuré qui sera compris de manière littérale.

Être aidés dans l’organisation du travail : repérage de l’essentiel dans la compréhension des règles et conventions sociales pour adopter une attitude adaptée, pour participer à la vie étudiante, pour ne pas s’isoler.

Être aidés pour la compréhension des autres.

Bénéficier d’une aide discrète qui veille à ce que tout se passe bien, qui pourra rassurer en cas d’angoisse ou de problèmes quels qu’ils soient. Être aidés pour la prise de notes (lenteur ou problèmes de motricité).

Réponses possibles (liste non exhaustive).

Aménagements des cours : supports visuels (sur tableaux, écrans ou papier)

Aides techniques : utilisation d’un ordinateur portable

Accompagnements : accompagnant ou « job coach », preneur de notes en cas de lenteur ou problème de motricité, tuteur

Aménagements et adaptations des examens : s’assurer que la formulation de la consigne ne porte aucune ambigüité, composition dans une salle individuelle, majoration du temps

Le Trouble Déficit de l’Attention-Hyperactivité.

Description.

C’est un trouble neurodéveloppemental, qui se caractérise par des difficultés au niveau des capacités attentionnelles, une impulsivité et parfois une hyperactivité motrice.

Les gênes peuvent concerner chacune des composantes attentionnelles :

- qualité de l’état d’alerte liée au niveau de vigilance/éveil,

- attention soutenue : capacité à maintenir durablement son attention,

- attention sélective : capacité à diriger volontairement son attention sur une tâche au détriment d'une autre,

- attention partagée : capacité à diviser son attention ou gérer plusieurs sources d'informations de manière alternative sans se laisser distraire.

Les difficultés à bien gérer les ressources attentionnelles peuvent entraîner des manifestations d’impatience motrice (hyperactivité) ou situationnelle (impulsivité).

L’hyperactivité se traduit par la présence d’une agitation motrice excessive, elle tend à diminuer avec l’avancée en âge.

L’impulsivité répond à une difficulté à inhiber une réponse automatique, motrice ou cognitive.

La présence d’un TDAH s’accompagne souvent d’autres troubles (anxiété, troubles du sommeil, de l’humeur, difficultés émotionnelles et/ou relationnelles, troubles de l’opposition et des conduites) et est fréquemment associée à un ou des troubles des apprentissages. Le TDAH entraîne des difficultés d’apprentissage, d’intégration, et peut conduire à une sous-performance académique, des comportements d’évitement et un retrait social (isolement).

Besoins des étudiants.

Ils ont besoin d’être aidés pour focaliser leur attention et/ou être ramenés à la consigne. Ils ont besoin qu’il soit tenu compte de leurs difficultés spécifiques : défaut d’organisation, manque de stratégies d’apprentissage, une distraction, une tendance à la dispersion, une importante fatigabilité, une lenteur, un défaut de mémoire de travail, un besoin de stimulation, une tendance à la démotivation/démobilisation. Elles peuvent s’accompagner d’une agitation motrice ou d’une impulsivité aussi bien gestuelle que dans leurs relations avec leurs pairs ou le corps enseignant (maladresse relationnelle, brusquerie, interruption, réponses trop rapides ou mal maîtrisées).

Réponses possibles (liste non exhaustive).

Les aides dépendent à la fois de la sévérité d’expression du trouble lui- même, mais aussi des troubles auxquels il s’associe. Il s’agit pour l’essentiel de permettre à l’étudiant d’évoluer dans un environnement calme et qui ne le sollicite pas trop sur le plan attentionnel.

Aménagements des cours : éviter les situations de double tâche (écouter et écrire), limiter le bruit, les environnements et supports pédagogiques visuellement surchargés, permettre à l’étudiant de bouger ou de sortir s’il en ressent impérativement le besoin, récupérer le contenu des cours en cas d’absence attentionnelle ou de fatigue trop importante, scinder les apprentissages et consignes lors des TD ou des évaluations, transmettre les supports de cours sous forme numérique ou photocopiée

Aides techniques : usage d’un ordinateur en cas de difficultés de transcription manuelle

Accompagnements : aider à l’organisation (indiquer le comportement ou les travaux attendus, mentionner le matériel nécessaire pour chaque cours, préciser les méthodes à utiliser, mentionner et rappeler les consignes, mettre en place des routines de travail), discuter les situations de classe ou relationnelles qui ont ou peuvent poser problème, tutorat, valoriser les efforts et l’investissement dans les travaux pédagogiques

Aménagements et adaptations des examens : permettre à l’étudiant de s’isoler après un effort attentionnel ou lorsqu’il est dans un environnement très sollicitant, tenir compte de la fatigabilité, lors d’efforts de concentration soutenus, temps majoré lors des examens et une pause entre deux évaluations quand c’est nécessaire


 

L'association

L'Association nationale pour le Droit au Savoir et à l'Insertion professionnelle des jeunes personnes handicapées, Droit au Savoir, créée en décembre 2001 regroupe 10 associations fondatrices (AFM, ANPEA, ANPEDA, APAJH, APF, FSEF, GIHP, LMDE, UNAFAM, CFPSAA) représentant tous les types de handicap pour promouvoir et soutenir la scolarisation au-delà de 16 ans et la formation professionnelle des jeunes en situation de...

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